vendredi, 22. mars 2019

Depuis le 7 décembre, une cinquantaine de militantes et de militants kurdes ont entamé une grève de la faim dans les locaux du CDKF (Conseil Démocratique Kurde en France) à Paris, rejoignant les milliers de prisonnières et de prisonniers kurdes en grève de la faim dans les prisons turques. Des grèves de la faim ont également commencé à Strasbourg devant le Parlement européen et dans d’autres villes comme Toulouse et Rennes.

Une députée du HDP (Parti démocratique des peuples), Leyla Güven, emprisonnée depuis janvier 2018, est en grève de la faim depuis plus de 30 jours.

Sebahat Tuncel co-présidente du Parti Démocratique des Régions, s’est vue infliger une sanction disciplinaire de dix mois pour sa participation à la grève de la faim, ce qui lui interdit tout contact. Les détenus appellent ce type de sanctions « la mise au tombeau ».

Toutes et tous ces grévistes de la faim protestent à la fois contre :

  • l’isolement total dans lequel est maintenu Abdullah Öcalan, premier responsable du Parti des Travailleurs kurdes, incarcéré et unique prisonnier dans une île de la mer de Marmara, depuis bientôt 20 ans. Ses conditions de vie sont très difficiles. Depuis près de 3 ans, c’est-à-dire depuis la rupture unilatérale par le Président turc d’un cessez le feu, il n’a reçu aucune visite, ni de sa famille ni de ses avocats. Tout le monde est très inquiet pour sa survie.
  • Et contre les arrestations massives et les emprisonnements d’élus du HDP, dont son co-président Selahattin Demirtas, de militantes et de militants et de tous ceux qui osent s’opposer au régime autoritaire du président turc Erdogan et de son parti l’AKP.

Dans de nombreux pays d’Europe, des Kurdes et des démocrates ont rejoint le mouvement pour protester contre l’absence totale de sanctions européennes à l’encontre du régime turc, qui multiplie les atteintes aux droits humains en Turquie et qui a envahi la province syrienne à majorité kurde d’Afrin avec l’aide de brigades djihadistes.

Tout cela doit être aussi replacé dans le cadre de la commémoration le 10 janvier 2019 à Paris, du 5ème anniversaire de l’assassinat des 3 militantes kurdes, Sakiné, Leyla et Rojbin. Mais aussi dans la perspective des élections municipales de mars 2019 en Turquie.

L’impunité du gouvernement turc doit cesser et de véritables sanctions sont indispensables.

Le Mouvement de la Paix apporte son plein soutien aux grévistes de la faim et exige avec elles et eux :

  • La fin de l’isolement total et la libération d’Abdullah Öcalan.
  • La libération de tous les prisonniers politiques,
  • Le respect de tous les droits humains en Turquie,
  • Le retrait des troupes turques de Syrie.

Le Mouvement de la Paix demande au Président de la République française et au Gouvernement d’agir en ce sens auprès des autorités Turques et de s’opposer à une nouvelle intervention militaire turque au Rojava.

 

A Paris, le 20 décembre 2018

Le Mouvement de la Paix

Source:

Le Mouvement de la Paix

Real time web analytics, Heat map tracking